L'ORGANISATION PRATIQUE DU CAFE PHILO

 

L'organisation matérielle de la séance du café philo a été arrêtée d'un commun accord par les participants, et peut être modifiée selon les circonstances liées principalement au lieu et à la date.

1- Lieu

Café Le Michel - 20, Avenue de la Marseillaise - 67000 Strasbourg

(Tramway, ligne Elsau / Esplanade, arrêt République ou Gallia).

2 - Jour

Chaque mercredi de 18h30 à 20h30

3 - Accueil

Il convient simplement de s'annoncer au comptoir du café et manifester son intention de participer au café philo, la seule obligation incombant au participant sera de prendre une consommation.

4 - Choix du sujet

Chaque participant peut proposer un thème de discussion, thème qu'il a à cour de voir développé.

Les diverses propositions sont soumises à un vote à la majorité, l'auteur du thème retenu s'engageant à rédiger une note de présentation succincte dans laquelle il expose la problématique et l'intérêt du sujet.

Les thèmes politiques, religieux ou personnels ne peuvent être retenus, car ils se prêtent davantage à la conviction qu'à la discussion.

5 - Publication du sujet

Le sujet retenu est publié dans le quotidien les Dernières Nouvelles d'Alsace paraissant le mercredi, et sur Internet ( Strasbourg culture)

6 - Le débat philosophique se déroule en 3 phases

a) Introduction

Le participant dont le sujet a été retenu, est invité à présenter son exposé introductif, le cas échéant un document est distribué.

Le débat ne porte pas sur l'exposé stricto sensu, dont le caractère informatif ou documentaire servira à lancer la discussion et à délimiter le champ de la discussion.

b) Le débat proprement dit

Le débat se déroule sous l'autorité d'un régulateur de parole, différent éventuellement à chaque séance, et dont le rôle majeur est de :

. préserver la cohérence du débat, afin d'éviter que les idées soient lancées les unes à la suite des autres, sans lien les unes aux autres.

. proscrire les prises de pouvoir anarchiques, car le café philo n'est pas une tribune où on vient exercer son charisme, ni un amphithéâtre où on vient donner la conférence.

. donner une chance à chaque idée émise, d'être entendue et discutée.

. rappeler "au sujet ", tout participant s'écartant de la problématique du jour vers, des thèmes manifestement hors sujet , soit :

 - des questions religieuses, politiques, ou personnelles . affirmations à la mode, ou des prêts à penser des media qui ne souffrent pas la contradiction (tous les hommes politiques sont malhonnêtes, les enseignants ne jouent pas leur rôle. . .).

 - réaliser des synthèses partielles, pour faire le point sur le sujet ou réorienter le débat qui s'enlise.

c) Conclusion

Le débat n'a pas vocation à déboucher sur une conclusion définitive, mais sur une synthèse finale, du régulateur et de l'auteur du sujet ; les éléments de cette synthèse peuvent recouvrir les points suivants :

 - mise en exergue des temps forts et de la plus-value de la discussion

 - le thème pourrait-t-il faire l'objet d'une session ultérieure pour approfondir des idées qui n'auraient pu l'être?

 - le groupe a-l-il permis aux participants de faire un bout de chemin sur la voie de la vérité du sujet ?

 - les participants et l'auteur du sujet ont-ils l'impression de s'être enrichis, ou ont-ils le désir d'en savoir plus?

 - indication d'une bibliographie, dans le sens du partage du savoir, non pour en faire une discipline universitaire, mais pour étoffer les démarches personnelles d'investigation de chacun.

En définitive, le café philo est essentiellement un lieu d'expression orale ouvert et accessible à tous, de pensée libre de participants anonymes liés par le seul contrat de leur bonne volonté, ou s'autorisant du seul désir de débattre.

 

(Par Gérard + collectif)

 

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Comment ça marche, un café philo ?

 

Doit-on être sage pour venir au café philosophique ?

Questionner n'est pas être sage, ou se conférer un statut permanent, mais plutôt adopter une attitude

« raisonnante » avec ce que cela comporte de provisoire. Nous avons le désir d'exercer une curiosité fondamentale et écouter les autres a autant d'importance que notre parole.

Nous nous interrogeons pour aller au-delà de l'apparence des choses, et tenter de dépasser notre condition humaine et en déceler l'essence.

L'inquiétude fondamentale qui nous habite ne doit jamais ni s'amenuiser ni nous abandonner, car si elle y parvenait et devenait sans objet, elle nous priverait d'un champ d'investigation et de devenir ; et quel dommage si nous ne voyions plus des gens venir spontanément penser à haute voix, et se mettre publiquement en situation de recherche collective de vérités !

Y-a-t-il une confrontation d'idées et sous quelle forme ?

Dans un premier temps nous déployons tout l'éventail du prêt-à-penser répandu dans les journaux, les manuels, les romans, et notre parole qui se veut philosophique fonctionne sur le mode du monologue ou du monopole(émetteur à sens unique)et cela même à notre insu.

Nous avons perdu l'habitude de l'échange réel d'idées en un lieu spécifique ; cependant la simple expression des idées qu'on porte en nous est déjà prometteuse.

Quand passe-t-on du monologue à la controverse ?

La controverse suppose la réflexion en commun dont on peut esquisser sommairement le déroulé :

- suspension du jugement : le jugement étant entendu comme l'action d'arrêter de façon réfléchie le contenu d'une affirmation, contenu que nous posons rigidement à titre de vérité.

- passage par le doute : le doute méthodique qui nous préserve de ne rien affirmer trop hâtivement sans bénéfice d'un inventaire complet.

- recherche de vérité avec humilité et sans vanité, pour ne pas se poser en tant que sujet mais pour se mettre au service du sujet.

Cette dynamique liée au cadre fortement interactif de la discussion, permet seule d'apporter du sens, et un changement permanent : le thème est approfondi, notre perception de la problématique évolue, nos jugements se modifient; en fait après la discussion nous ne pensons plus comme à son début.

La parole échangée est supérieure à l'écrit qu'on parcourt, car le débat suppose un interlocuteur qui formule une question, une controverse, devant laquelle nous nous sentons obligés de répondre directement.

La discussion, le débat philosophique ne se nourrissent que de questions et d'interrogations; la parole libre formule une question qui débouche sur la mise en évidence d'un problème, puis aboutit à la remise en cause de la question par le débat et la méditation.

C'est ce qu'on appelle le « moment philosophique » ?

Oui, et c'est vers lui qu'il faut tendre, et c'est lui qu'il faut saisir, mais cela ne peut se faire que dans la durée.

Plus modestement, même si le groupe constitue une juxtaposition de convictions, leur mise à l'épreuve se révèle importante ; bientôt une parole personnelle ébranlera l'autorité des discours convenus, et une question bouleversera les certitudes.

Peut-on accepter qu'une de nos thèses soit remise en cause ?

Oui, on doit accepter de reconnaître que notre thèse, que l'on croit élaborée et définitive, puisse avoir finalement un caractère spécieux, voire une formulation trop catégorique.

La thèse pourra être confrontée aux expériences vécues, pour éviter que le débat qu'elle suscite ne prenne une tournure pédante ou formelle ; cependant l'expérience personnelle ne vaut que si elle est prolongée en conscience, que si elle a subi un début de travail de conceptualisation.

Nous savons que nous avons réussi quand la discussion s'achemine vers une réflexion collective problématique.

Ressentez-vous un confort, une joie philosophique ?

En s'adonnant à la réflexion philosophique, nous sommes aptes à dépasser, et non pas subir notre

condition humaine vécue au jour le jour.

Certes la philosophie n'est pas un anxiolytique et n'a pas de vertu dormitive, elle donne à l'esprit le plaisir de sortir de sa torpeur pour retrouver l'énergie de faire de chaque jour une aventure lucide et maîtrisée ; au bout du compte nous avons la révélation que l'espoir existe d'instaurer la justice, la paix et la raison.

Quelle importance attachez-vous à l'écoute ?

C'est par notre écoute, patiente et aiguisée, que s'ouvrira le chemin de la recherche d'un sens partagé et universel, même si on doit parfois l'arracher à l'enfer de l'égocentrisme.

Quelles incidences sont perceptibles sur les relations interpersonnelles ?

A notre époque marquée par un sursaut d'individualisme, l'intention « groupale » du café philosophique, crée des liens par la rencontre avec autrui, en mettant en évidence les différences qui nous caractérisent et les proximités qui nous rassemblent.

En nous ouvrant à la réflexion, nous manifestons la volonté de tisser un monde commun, d'une écoute humble, non pour rechercher ce qui serait faux ou fallacieux dans un témoignage, ou une thèse, mais bien ce qui recèle une certaine vérité.

Notre pensée en action génère la possibilité d'ouvrir le monde à l'infini, de voir l'humain dans l'humain, avec la pluralité comme inévitable, incontournable et souhaitable.

Est-ce qu'on peut dire tout ce qui nous passe par la tête ?

La parole est libre certes, mais le café- philos est tenu de respecter la philosophie, et on doit notamment garantir que les références philosophiques sont correctes.

Le café- philo doit être pour nous une soupape d'échappement, un espace d'aventure à mi-chemin de l'université et de l'Agora publique, qui se doit d'allier :

- rigueur et ouverture.

- bon vouloir et exigence.

- sens de la gratuité qui nous élève, et désir d'apprendre qui nous préserve de l'utilitarisme.

Cependant, le désir d'apprendre est fragile, et nécessite qu'on l'encadre sans l'étouffer dans une déontologie supportable; la fonction du groupe est alors de favoriser l'épanouissement raisonné et jalonné de la pensée individuelle.

C'est en étant exigeant, qu'on pourra faire coexister, propos de café du commerce, brèves de comptoir, considérations érudites, recherches de sens, voire même des « préparations plus élaborées ».

On doit sentir le travail de la raison, cohérence et rigueur et pourquoi pas culture, et la parole y trouvera de l'efficacité dans le champ philosophique, et ne se limitera pas à une parole spontanée, certes émouvante, mais qui ne sera entendue que de façon purement affective et projective.

La parole ne doit pas servir d'exutoire à la vérité du « sujet intervenant», car on vise quand même une certaine vérité sur « l'objet sujet du débat ».

La philosophie réfléchie doit amener un progrès de la pensée, et la bonne volonté du participant gagne à être une volonté de savoir, afin qu'il accroisse sa liberté.

Est-ce que je peux faire passer des messages, des convictions ?

Le café philo est avant tout un lieu d'échanges, où chacun est ouvert à la différence, dans le respect d'autrui ; le groupe doit s'efforcer de parvenir à une présentation plus cohérente de la pensée sans se laisser imposer la pensée de l'un ou trahir la pensée de l'autre.

La qualité de l'échange présuppose de savoir écouter l'autre et d'être juste, et dès lors 3 types de discours sont à éviter :

- le discours « militant », qui procède par affirmations étayées surtout par des comparaisons avec des ennemis supposés et caricaturés ( l'écologiste ne verra que l'ennemi industriel uniquement préoccupé de détruire les équilibres pour prospérer et s'étonnera que vous ne soyez pas sensible comme lui à cette problématique, qui doit éclipser toutes les autres).

- le discours « convaincant », qui utilise une rhétorique et des interlocuteurs imaginaires, voire même des controverses imaginaires, « vous pouvez me dire que.. ...je rétorque alors que.... ».

- le discours « étroitement personnel », qui voudrait faire prendre en charge par le groupe ses difficultés, psychologiques, familiales, professionnelles ; le groupe ne peut élargir ce propos en termes philosophiques, car l'intervenant attend de son témoignage fort et affectif, une compassion, une aide, des conseils personnels...

En fait ces 3 démarches sont plus des démonstrations que des réflexions utiles au débat et au surgissement de la vérité.

Alors quel type de discours trouve vraiment sa place au sein du café philo ?

Le discours qui ambitionne une recherche de problématique, reflète bien mieux la philosophie en cours

d'élaboration.

On y trouvera les ingrédients qui traduisent la tentative des intervenants, êtres humains, de donner forme à ce qui apparemment leur échappe :

- ambiguïté

- complexité

- pensée déroutante

- doute constitutif

- confrontation périlleuse des idées.

Modestement nous venons au café philo pour confronter et enrichir le système de signification que nous donnons déjà au monde, voire même pour donner des sens nouveaux à un monde que nous tentons de réinventer.

Le café philo : Est-ce vraiment un espace pour exercer sa liberté ?

Oui car la liberté n'est pas qu'un concept, en effet lorsque nous devons choisir, une idée, une action, elle devient une notion palpable.

La liberté nous est reconnue comme un pouvoir virtuel, mais elle constitue en fait pour nous le vouloir, avec la conscience de ses limites, et la possibilité de leur dépassement.

Exercer notre liberté, c'est au moment du choix dans un présent très volatil :

- choisir en conscience

- savoir son choix

- saisir l'essence de sa responsabilité

- prendre acte de l'importance ou de la dérision de notre propre cheminement.

La liberté ainsi consentie est véritable, elle procède de notre acte humain, et nous sommes dons libres d'en envisager l'issue.

Mais la liberté n'existe pas, tout au plus avons-nous la possibilité de nous libérer, et c'est une vois qui mérite d'être explorée ; aucun système de pensée ne pourra être une solution pour nous, et c'est bien dans l'artisanat de la pensée que naîtra notre liberté.

Cette liberté ainsi acquise est très relative, et contient en elle-même les germes de son imperfection et de sa finitude, mais elle est aussi le paroxysme et le couronnement de nos efforts.

En définitive notre liberté ne peut pas être un compromis, mais la mesure de ce que nous sommes décidés à perdre pour la vivre au moment du choix ; c'est donc « être », et accepter l'échéance et la déchéance.

Le café philo nous préserve de « ne pas être », et de revendiquer notre libre-arbitre, qui est « de ne pas subir avec le sourire d'un autre, le sort que l'on n'a pas accepté ou refusé de toutes ses forces ».

 

( par Gérard + Collectif)

 

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Café philo ou café psycho ?

 

En 1992, à l'initiative du philosophe Marc Sautet, des cafés-philo, puis des cabinets de philosophie, ont pris naissance en France et ont rapidement essaimé.

Marc Sautet justifiait son projet :

« La philosophie est née dans la rue, il est temps qu'elle quitte le ghetto des universités pour retrouver sa place dans la cité ».

Après quelques années de pratique d'un café-philo,

il m'est apparu que la démarche des participants à ces cafés, répondait :

- à la fois à un besoin de débattre des concepts ( le beau, le vrai.) ou des grandes questions
de l'existence( pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ? que sommes-nous, ou allons-nous et pourquoi ?)
- et à la fois à un besoin de « thérapie du sens de la vie », dans lequel la philosophie apparaît comme une voie de travail sur soi, une recherche des schémas de la relation intellectuelle au monde, au travers des mots et du vécu, et ceci , le plus souvent, sans références culturelles philosophiques.

C'est ce besoin
- de « thérapie » sans thérapeute désigné,

- d'être néanmoins écouté, hors du champ de la psychanalyse et du regard du psychanalyste
- de montrer les symptômes d'un malaise, mais en dissimulant les processus de subjectivation derrière une érudition, une culture raccrochée à la représentation de l'intervention, hors du champ des thérapies, qui définit le café philo comme dernier lieu commun entre philosophie, sociologie et psychologie, doctement déparés par les cursus universitaires.

La place du café-philo dans le tissu social.

L'absence ou la rapidité de modification des repères culturels et sociaux provoquent déséquilibres et inadaptations dans un environnement social dépourvu de symbolique culturelle cohérente et de projet unifiant évident et simple.

Le café-philo,

- par ses références, même non-dites, à une histoire constitutive d'une pensée véhiculant des « universaux »,
- par sa connotation sociologique de « café ou l'on se rencontre »,
- par la constitution d'un groupe ayant le même projet intellectuel valorisant
semble répondre à la demande de recherche d'un lieu de reconstruction.

Psychodrame ou catharsis

Le café philo est un lieu où toute parole est possible.

Psychodrame ?

On constate que les participants endossent certains rôles pour pouvoir s'exprimer
pendant un café philo:

- le dominant qui détient l'autorité de dire...
- celui qui sait....
-le shaman qui a accès au monde divin...
-le juge qui prononce la sentence...
- le poète qui sait faire rêver...
- le figurant
- - le public qui se manifeste

Cette apparence de spectacle théâtral ou de jeu de rôle du café philo, peut-être ressentie comme une improvisation, plus ou moins dirigée par l'animateur, afin de mettre à jour les représentations qui organisent chaque personnalité .

Catharsis ?

Mettre en scène, par le dire, au travers de l'alibi des paroles des grands philosophes, ses propres problèmes émotionnels, relève également de la méthode cathartique.

Les sujets choisis en sont l'image :

- accepter les différences

- l'amour est-il outil de connaissance ?

- rêver, est-ce vivre sa vie ?

- peut-on vivre sans désirer ?


Le café philo ne serait pas qu'un lieu de conceptualisation et de réflexion sur les connaissances possibles, mais également un lieu de thérapie où l'on accepte d'être déstabilisé par la parole de l'autre, ce qui constitue le commencement et de la philosophie et de la thérapie.

Le café-philo, lieu de pouvoir ou de parole ?

-Existe-t-il un pouvoir de la parole, qu'il faut se partager ou s'approprier ?

-Le café philo a-t-il pour but de faire découvrir et tolérer la parole des autres?

La parole est un pouvoir dans le sens de la "possibilité" ou de la "capacité" mais elle est aussi un pouvoir sur les autres dans le sens "d'obtenir quelque chose de quelqu'un sans son consentement .
Elle « révèle « celui qui le prend.

Qui prend la parole dans un café-philo ?

1)- il y a celui qui prend la parole, pour se donner la capacité de faire illusion à son auditoire:
je pense par moi-même, et ma pensée est suffisamment importante pour être écouté par les autres, sans capacité de jugement , sans compétence culturelles, de la part de l'auditoire.

Il y constitution de repères propres et valorisants, possibilité de se dépendre de tous les pouvoirs en constituant le sien et donc reconstitution.

Celui là pense toujours maîtriser, par le verbe, les contraintes sociales.


2) il y a celui qui fait semblant d"écouter pour avoir le droit à son tour de parler, c'est à dire de prendre le pouvoir pour le temps qui suit. C'est le non-écoutant.

Celui là subit les contraintes sociales, mais les supporte en créant des quasi-espaces de liberté.

3) il y a celui qui vient se confronter aux autres par la contradiction systématique pour affirmer sa différence et son indépendance par rapport à toute pensée constitutive.

Je ne sais rien, mais tu n'en sais pas plus que moi, je doute de tout et je refuse tes certitudes et tes démonstrations.

Démarche Socratique, fondatrice de la philosophie, démarche cartésienne, mais seulement apparente.

Celui là fait de son ignorance, rejetant toute « démarche de l'esprit », le critère de la vérité.

C'est une démarche personnelle qui tend vers l'universel.
 

Mais l'important est de comprendre que le café-philo est un lieu
- de valorisation de la personnalité , apparente ou fondamentale

- dans lequel le participant n'est pas « en souffrance », comme dans un cabinet de psychothérapie,
- mais en représentation, avec toute la distance par rapport au moi que cela implique,
et que cela permet l'apparition, dans le champ de la conscience, des affects refoulés.

Les rapports entre philosophie et psychologie

Toute définition est réductrice.

Je prendrais néanmoins celles qui suivent comme hypothèse de travail.

- Le psychologue serait celui qui cherche à expliquer les phénomènes mentaux par des causes telles les causes physiques, biologiques, ou sociales afin de constituer une science qui nous ouvre à la connaissance de nous même et des autres.

Et cette science conduit à la thérapie.

- Le philosophe serait celui qui effectue un travail conceptuel, en cherchant, non pas des causes, mais des raisons." La philosophie, c'est expérimenter avec le langage. " La philosophie n'est pas une science : elle n'offre pas de nouvelles connaissances, mais une réflexion sur les connaissances disponibles.(Comte Sponville).

C'est pourquoi il est souvent dit que l'une recherche la santé et l'autre le bonheur.

Or il apparaît à ceux qui ont étudié les deux disciplines que le savoir n'est que fictivement soluble dans deux récipients différents.

Les raisons que donne le philosophe peuvent être expliquées par les causes étudiées par les psychologues, comme les concepts qu'utilise le psychologue pour interpréter ses observations sont toujours susceptibles d'une analyse et d'une critique philosophique.

Si la philosophie ne peut rien contre l'inconscient ou le cerveau, elle peut interroger le normal et le pathologique, le comportement sociologique, familial, les relations d'altérité..

Pourquoi tremper celui qui consulte ou s'interroge dans un seul des deux récipients ?

 

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